Numéros 3018 et 3020 : à qui s'adresser en cas de harcèlement
En bref. Le numéro 3018 harcèlement est aujourd’hui le contact à privilégier pour parler d’une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement concernant un enfant ou un adolescent. Le 3020 a longtemps été associé au harcèlement scolaire, mais le 3018 centralise désormais l’écoute, l’accompagnement et l’orientation ; en cas de danger immédiat, il faut contacter les services d’urgence.
Un élève qui ne veut plus aller en cours, un groupe de messages humiliants, des moqueries répétées dans la cour ou une photo diffusée sans accord : le harcèlement prend des formes diverses, parfois mêlées entre l’école et les réseaux sociaux. Face à ces situations, savoir vers qui se tourner permet d’agir plus vite et de ne pas laisser l’enfant seul.
Les numéros 3018 et 3020 sont souvent cités ensemble. Pourtant, leur rôle a évolué. Comprendre cette organisation aide les parents, les élèves et les professionnels à utiliser le bon canal, à conserver les éléments utiles et à mobiliser l’établissement scolaire sans attendre que la situation s’aggrave.
3018 : le numéro de référence pour le harcèlement et le cyberharcèlement
Le 3018 est le numéro national d’écoute et d’accompagnement consacré aux violences numériques, au cyberharcèlement et aux situations de harcèlement impliquant des élèves. Il s’adresse directement aux jeunes, mais aussi aux parents, aux proches, aux témoins et aux membres de la communauté éducative qui cherchent une marche à suivre.
Contacter le 3018 ne consiste pas seulement à « signaler un problème ». Les écoutants aident à mettre des mots sur ce qui se passe, à distinguer un conflit ponctuel d’une répétition de violences, puis à envisager des actions concrètes. L’échange est confidentiel et adapté à l’âge de la personne qui appelle.
Dans quelles situations appeler le 3018 ?
Le 3018 peut être sollicité dès qu’un comportement blesse, isole, menace ou humilie un jeune de façon répétée, y compris lorsque les faits semblent se dérouler principalement en ligne. Il est pertinent d’appeler, par exemple, lorsque l’élève :
- reçoit des messages insultants, menaçants ou à caractère sexuel ;
- est exclu volontairement d’un groupe de discussion ou d’une activité pour être humilié ;
- voit circuler une rumeur, une image, une vidéo ou un compte usurpé à son nom ;
- subit des moqueries, des coups, des pressions ou des dégradations à l’école ;
- est témoin d’attaques visant un camarade et ne sait pas comment intervenir ;
- constate que les violences scolaires se prolongent sur les réseaux sociaux, les jeux en ligne ou les messageries.
Le numéro peut également guider les familles lorsque les auteurs ne sont pas clairement identifiés ou lorsque les publications sont diffusées sur plusieurs plateformes. Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà réuni toutes les preuves pour demander conseil : l’important est de décrire les faits avec le plus de précision possible.
3020 : comprendre son ancien rôle et éviter les confusions
Le 3020, connu sous l’intitulé « Non au harcèlement », était le numéro dédié au harcèlement scolaire. Beaucoup de parents et d’élèves le connaissent encore, car il a longtemps été communiqué par les établissements et les campagnes de prévention. Cette référence reste donc présente dans les mémoires, sur certains documents et dans les conversations.
Aujourd’hui, pour obtenir une écoute et un accompagnement concernant le harcèlement entre élèves, il faut privilégier le 3018. Cette évolution vise à éviter de séparer artificiellement le harcèlement vécu à l’école de celui qui se poursuit sur un téléphone ou sur une plateforme numérique. Dans la réalité, les deux dimensions sont fréquemment liées : une humiliation commencée en classe peut continuer le soir dans un groupe privé, puis reprendre le lendemain dans la cour.
Si une ancienne affiche ou un document mentionne le 3020, cela ne doit pas retarder la démarche. Retenez le 3018 comme interlocuteur national pour être orienté vers les solutions adaptées. L’établissement scolaire reste, de son côté, un acteur essentiel : contacter le numéro ne remplace pas l’alerte auprès de l’école, du collège ou du lycée.
Préparer son appel sans attendre d’avoir un dossier parfait
Un appel est plus facile lorsque l’on a quelques repères, mais il ne faut pas différer la prise de contact sous prétexte que les informations sont incomplètes. Un jeune peut appeler seul, avec un parent, un frère, une sœur ou un adulte de confiance. Pour les parents, l’objectif est d’écouter sans minimiser ni interroger l’enfant comme s’il devait prouver ce qu’il a vécu.
Avant de contacter le 3018, il peut être utile de noter les faits essentiels. Cette préparation aidera aussi lors des échanges avec l’établissement.
- Décrire ce qui s’est passé : paroles, gestes, messages, publications, exclusions ou menaces.
- Repérer les lieux et les espaces concernés : salle de classe, transports, cour, messagerie, réseau social, jeu en ligne.
- Indiquer depuis quand les faits sont observés et s’ils se répètent.
- Identifier, si possible, les personnes impliquées, les témoins et les adultes déjà informés.
- Conserver les éléments numériques : captures d’écran, liens, pseudonymes, dates de publication et messages reçus.
- Noter les conséquences sur l’élève : peur, absentéisme, isolement, baisse de l’attention, changement d’habitudes ou refus d’utiliser son téléphone.
Conserver ne veut pas dire rediffuser. Une capture d’écran est utile pour documenter une publication ; la transférer à tout un groupe peut amplifier l’humiliation. Les preuves doivent rester accessibles aux adultes chargés d’aider l’enfant, à l’établissement et, si nécessaire, aux services compétents.
Alerter l’établissement : une démarche à mener en parallèle
Lorsqu’un élève est concerné, la famille doit informer rapidement l’établissement, notamment via le dispositif pHARe. Le premier interlocuteur peut être le professeur principal, le directeur d’école, le conseiller principal d’éducation, l’infirmier scolaire, l’assistant social, le psychologue de l’Éducation nationale ou le chef d’établissement. Selon la situation, plusieurs adultes peuvent être mobilisés.
Un message écrit, factuel et daté permet de garder une trace de l’alerte. Il peut exposer les faits connus, préciser les répercussions sur l’enfant et demander un rendez-vous. Lors de l’échange, il est préférable de se concentrer sur les comportements observés plutôt que de chercher immédiatement à qualifier les intentions des autres élèves.
Ce qu’une famille peut demander à l’école
- une prise en compte rapide de la situation et un interlocuteur identifié ;
- des mesures pour protéger l’élève pendant les temps de cours, de récréation, de restauration ou de transport ;
- un point sur les faits recueillis auprès des adultes et des témoins ;
- un suivi régulier, avec une date de retour ou de bilan ;
- une vigilance sur les risques de représailles ou de poursuite des violences en ligne.
Les parents n’ont pas à gérer seuls les relations avec les autres familles ni à organiser une confrontation entre élèves. Une discussion directe, menée dans l’émotion ou via une messagerie de parents, peut compliquer la situation. L’école doit pouvoir mettre en œuvre son protocole et assurer un cadre protecteur pour tous les élèves concernés.
Quand le numérique accélère les violences
Le cyberharcèlement peut donner l’impression que l’élève n’a plus aucun lieu de répit. Les contenus peuvent être vus par de nombreuses personnes, copiés, commentés ou repartagés. Pourtant, agir vite permet souvent de limiter la diffusion et de reprendre du contrôle.
Après avoir sauvegardé les éléments nécessaires, il est conseillé d’utiliser les outils de signalement proposés par la plateforme concernée. Un compte, un message, une image ou une vidéo peuvent être signalés selon les règles du service. Les réglages de confidentialité, le blocage des comptes et la sécurisation des accès sont aussi des mesures concrètes, sans faire peser sur la victime la responsabilité des violences.
Le 3018 peut accompagner ces démarches et expliquer les voies de signalement adaptées aux contenus rencontrés. Il peut également aider à penser la place du téléphone dans l’immédiat : couper les notifications, éviter de lire seul les messages agressifs, confier temporairement la modération à un adulte ou quitter un groupe nocif peuvent apporter un répit. Retirer un contenu ne suffit toutefois pas à régler une situation qui existe aussi dans l’établissement : l’alerte scolaire reste indispensable.
Autres ressources selon le degré d’urgence
Le 3018 est un repère central, mais certaines circonstances appellent une réponse immédiate ou complémentaire. Si un enfant est en danger, menacé de violence imminente, victime d’une agression ou susceptible de se mettre en danger, il faut joindre sans délai les services d’urgence compétents. Un adulte présent doit rester auprès de lui autant que possible et ne pas le laisser gérer seul une menace grave.
En dehors de l’urgence, plusieurs personnes peuvent constituer un relais précieux :
- un membre de la direction ou un adulte référent de l’établissement ;
- l’infirmier scolaire, le psychologue de l’Éducation nationale ou l’assistant social ;
- le médecin traitant ou un professionnel de santé, lorsque le mal-être affecte le sommeil, l’alimentation, la scolarité ou la vie quotidienne ;
- un proche fiable capable d’écouter l’élève et de l’accompagner dans ses démarches ;
- les services de police ou de gendarmerie lorsque les faits nécessitent un signalement ou le dépôt d’une plainte.
Pour un témoin, la bonne attitude consiste à ne pas relayer les contenus, à garder les éléments utiles et à prévenir un adulte. Dire à la victime qu’elle n’est pas responsable de ce qu’elle subit peut être déterminant. Se taire par peur d’être traité de « rapporteur » laisse souvent les violences s’installer ; alerter, au contraire, est une manière de protéger.
FAQ
Le 3018 est-il réservé au cyberharcèlement ?
Non. Le 3018 accompagne les situations de cyberharcèlement, mais aussi les situations de harcèlement entre élèves, notamment lorsque les violences se déroulent à la fois à l’école et en ligne. Il peut orienter les familles et les jeunes vers les démarches adaptées.
Un élève peut-il appeler le 3018 sans ses parents ?
Oui. Un jeune peut contacter le 3018 directement, seul ou avec un adulte de confiance. Les parents peuvent également appeler pour exposer une situation, même si leur enfant hésite encore à parler à l’établissement.
Faut-il prévenir l’école avant d’appeler ?
Non. L’appel peut avoir lieu avant, pendant ou après l’alerte à l’établissement. Dans la plupart des situations, il est utile de mener les deux démarches en parallèle : le 3018 apporte écoute et orientation, tandis que l’école doit agir sur les faits qui concernent la vie scolaire.
Que faire si les messages ont été supprimés ?
Il reste possible de demander de l’aide. Expliquez ce dont vous vous souvenez, notez les pseudonymes, les plateformes utilisées, les personnes présentes et les moments où les faits se sont produits. Des témoins, des historiques ou d’autres éléments peuvent parfois compléter le récit.
Clémentine Dubois
Clémentine Dubois est experte en pédagogie et en ingénierie de formation, avec plus de quinze ans d'expérience au service de l'éducation et de l'orientation professionnelle. Titulaire d’un Master en Sciences de l’Éducation, elle accompagne étudiants, parents et professionnels vers l’excellence, en vulgarisant des savoirs complexes et en proposant des solutions adaptées à chaque profil. Passionnée par l’innovation pédagogique et la démocratisation de l’accès à la connaissance, Clémentine met un point d’honneur à rendre l’apprentissage efficace et accessible.
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