Quelle orthographe choisir entre « pour ce faire » et « pour se faire » ?
« Pour ce faire » signifie « pour faire cela » et s’emploie pour annoncer un moyen ou une action. « Pour se faire » s’écrit seulement lorsque « se faire » est un verbe pronominal, comme dans « il veut se faire entendre ».
À la fin d’un paragraphe argumentatif, une seule lettre peut modifier entièrement le sens : « pour se faire », écrit à la place de « pour ce faire », transforme un lien logique en verbe. Ce doute est fréquent, car les deux formes se prononcent de la même manière. Pour choisir avec sûreté, repérez d’abord ce que le groupe de mots remplace, puis vérifiez si une personne accomplit ou subit réellement l’action.
L'essentiel en bref
« Pour ce faire » ou « pour se faire » : la réponse simple
Dans un devoir, un courriel ou une rédaction, le doute ne se résout pas à l’oreille : « ce » et « se » se prononcent de la même façon. Pour choisir la bonne orthographe, observez ce que la formule signifie dans la phrase, puis utilisez un test de remplacement ou de conjugaison.
Réponse rapide. Les deux orthographes sont correctes, mais elles n’ont pas le même rôle. Écrivez « pour ce faire » lorsque l’expression veut dire « pour faire cela ». Écrivez « pour se faire » quand « se faire » est un verbe pronominal : le sujet cherche à être entendu, compris, aider ou remarqué.
« Pour ce faire » est une locution qui renvoie à une action déjà annoncée. « Pour se faire » contient le pronom réfléchi « se », lié au verbe « faire ». La confusion vient donc de l’homophonie entre « ce », mot démonstratif qui désigne une idée, et « se », qui accompagne un verbe pronominal. Le bon réflexe consiste à identifier le sens, non à mémoriser une silhouette de mots.
Pourquoi les deux écritures sont-elles possibles ?
Dans « pour ce faire », « ce » désigne ce qui précède : une action, un objectif ou une démarche. Exemple : « Elle veut améliorer son texte ; pour ce faire, elle le relit. » Dans « pour se faire entendre », « se » appartient au groupe verbal « se faire entendre ». Exemple : « Elle parle plus distinctement pour se faire entendre. » Dans la première phrase, on renvoie à une idée ; dans la seconde, une personne est concernée par l’action.
Quand écrire « pour ce faire » ?
Écrivez « pour ce faire » lorsque la formule équivaut à « pour cela », « dans ce but » ou « afin d’y parvenir ». Elle reprend une action évoquée juste avant : « Le candidat veut démontrer son idée ; pour ce faire, il choisit des exemples précis. » Ici, « faire » garde un sens général : il ne décrit pas une action exercée sur le sujet.
Cette locution est correcte, mais son registre est plutôt soutenu. Dans une copie de collège ou de lycée, elle peut être utile si elle rend le raisonnement plus fluide ; ne l’employez pas seulement pour donner un ton solennel. « Pour cela » est souvent plus direct. Les explications proposées par Projet Voltaire, MerciApp, Frantastique et LanguageTool convergent sur ce point : l’expression signifie bien « pour faire cela ».
Le test de remplacement par « pour cela »
- Repérez l’objectif ou l’action annoncée avant l’expression.
- Remplacez « pour ce faire » par « pour cela ».
- Vérifiez que la phrase garde le même sens.
Exemple de commentaire : « L’auteur souhaite émouvoir le lecteur ; pour ce faire, il décrit la solitude du personnage. » La reformulation « pour cela, il décrit… » fonctionne parfaitement. Il faut donc écrire « ce ». Si le remplacement rend la phrase étrange, cherchez plutôt un verbe pronominal.

Quand faut-il écrire « pour se faire » ?
Écrivez « pour se faire » quand « se faire » conserve sa valeur de verbe. Le sujet réalise une action afin d’obtenir quelque chose, de provoquer une réaction ou de subir une action : « Elle parle fort pour se faire entendre » ; « Il sourit pour se faire des amis » ; « Ils échangent régulièrement pour se faire confiance. » Dans tous ces cas, « se » ne renvoie pas à une idée : il fait partie de la construction verbale.
Le titre Comment se faire des amis, ouvrage de Dale Carnegie publié en 1936, offre un bon repère culturel : il ne signifie évidemment pas « comment faire cela », mais « comment obtenir des amis pour soi ». Attention au piège le plus fréquent : la présence du mot « pour » n’impose jamais « ce ». Seul le sens de la suite de la phrase permet de décider.
Le test de conjugaison : « me faire », « te faire »
Transformez la phrase à la première personne. Si « pour me faire » est possible, choisissez « pour se faire ». « Je parle distinctement pour me faire comprendre » devient, à la troisième personne, « Il parle distinctement pour se faire comprendre ». Le pronom varie donc avec la personne. En revanche, dans « Il veut réussir ; pour ce faire, il s’entraîne », on ne peut pas écrire « pour me faire » : le sens est « pour cela ».
Comment ne plus faire l’erreur : une méthode en trois étapes
Une orthographe fiable se construit par une vérification active. Au lieu de relire passivement la formule, demandez-vous à voix basse pourquoi vous avez choisi « ce » ou « se ». Cette justification développe la métacognition : vous contrôlez votre raisonnement. Elle rejoint les démarches d’apprentissage actif valorisées dans les ressources de l’Éducation nationale et les apports des sciences cognitives relayés notamment par l’INSERM.
- Comprenez l’antécédent. La phrase renvoie-t-elle à une action annoncée, comme « convaincre le lecteur » ?
- Testez « pour cela ». Si le sens reste identique, écrivez « pour ce faire ».
- Conjuguez. Si vous pouvez dire « pour me faire » ou « pour te faire », écrivez « pour se faire ».
Piège à éviter : ne vous fiez jamais à la forme « pour + petit mot + faire ». Ces deux écritures se ressemblent ; leur grammaire, elle, diffère.
L’exercice éclair à refaire à intervalles espacés
Complétez d’abord sans regarder la correction : « Il relit son plan pour … faire. » « Elle articule pour … faire comprendre. » « Ils veulent convaincre ; pour … faire, ils citent le texte. » « Je m’applique pour … faire remarquer. »
Corrigé : « pour ce faire » dans les phrases qui signifient « pour cela » ; « pour se faire comprendre » et « pour me faire remarquer » lorsque le pronom varie avec la personne. Refaites cet exercice le lendemain, puis une semaine plus tard : vous entraînez ainsi la récupération espacée plutôt que la simple relecture.
Exemples corrigés pour un devoir et fiche-mémo finale
Dans une copie, les deux formes peuvent apparaître sans se confondre : « L’auteur veut convaincre le lecteur ; pour ce faire, il emploie des questions rhétoriques. » Mais : « Il multiplie les arguments pour se faire comprendre. » Ce type de distinction grammaticale est mobilisé dans les travaux d’écriture et de commentaire littéraire au baccalauréat de français.
| Forme | Sens et test | Exemple |
|---|---|---|
| Pour ce faire | « Pour cela » | Pour ce faire, il organise ses arguments. |
| Pour se faire | « Pour me faire » possible | Il reformule pour se faire comprendre. |
À retenir
« Pour cela » = « pour ce faire ».
« Pour me faire » = « pour se faire ».
En cas de doute, justifiez votre choix par un test.
Vous n’avez donc pas besoin de deviner. Prenez quelques secondes pour remplacer ou conjuguer : cette courte manipulation suffit dans la plupart des phrases. À force de la pratiquer lors des relectures, vous reconnaîtrez spontanément la construction correcte et gagnerez en assurance.
Un exemple rédigé de paragraphe argumentatif
« Dans ce discours, l’auteur cherche à faire réagir son lecteur. Pour ce faire, il accumule les questions rhétoriques et oppose la justice à l’injustice. Il choisit aussi un vocabulaire simple pour se faire comprendre par un large public. »
Correction : « pour ce faire » reprend l’objectif annoncé, « faire réagir son lecteur » ; on peut dire « pour cela ». En revanche, « pour se faire comprendre » décrit l’action menée par l’auteur sur lui-même : à la première personne, on dirait « pour me faire comprendre ». Les deux graphies sont donc justifiées par deux raisonnements distincts.
Avant d’envoyer votre texte, relisez chaque occurrence et remplacez-la mentalement par « pour faire cela ». Si la phrase conserve son sens, écrivez « pour ce faire ». Si elle évoque une action exercée sur une personne, choisissez « pour se faire ». Ce réflexe de substitution rend l’orthographe plus sûre, même sous la pression d’un devoir ou d’un examen.
Comment écrire « pour ce faire » ou « pour se faire » ?
Écrivez « pour ce faire » si vous pouvez dire « pour cela » ou « afin d’y parvenir ». Écrivez « pour se faire » si « se faire » est un verbe pronominal, comme dans « se faire entendre ». Le test « pour me faire » permet alors de confirmer votre choix.
Comment utiliser l’expression « se faire » ?
« Se faire » s’emploie avec un complément ou un infinitif : se faire comprendre, se faire aider, se faire des amis, se faire remarquer. Le sujet cherche à obtenir un résultat pour lui-même ou reçoit une action. Le pronom change selon la personne : me, te, se, nous ou vous.
Quand employer « pour ce faire » ?
Employez « pour ce faire » pour reprendre un but déjà formulé. La locution signifie « pour faire cela » : « Il veut améliorer son argumentation ; pour ce faire, il ajoute un exemple. » Elle convient à un registre assez soutenu ; « pour cela » est une alternative plus simple.
Quel nom vient du verbe « faire » ?
Le verbe « faire » a plusieurs noms de la même famille, selon le sens : « fait », « action », « fabrication », « faiseur » ou encore « savoir-faire ». Dans une phrase, choisissez le nom qui correspond précisément à l’idée exprimée plutôt que de chercher un équivalent automatique.
Comment écrire correctement « Comment cela se faisait-il ? » ?
On écrit « se faisait » avec « se », car il s’agit du verbe pronominal « se faire » conjugué à l’imparfait. Le sujet est « cela » : « cela se faisait ». Le « se » ne peut pas être remplacé par « ce », puisqu’il ne désigne pas une idée antérieure.
Actualisé le 25.07.2026