Faut-il écrire « malgré que » dans une copie ?
Dans un écrit soigné, évitez généralement « malgré que » suivi d’un verbe. Utilisez « bien que » ou « quoique » avec le subjonctif, et « malgré » devant un nom. L’exception « malgré que j’en aie » signifie « contre mon gré ».
« Malgré qu’il pleuve, nous sortirons » peut vous coûter un point dans un exercice de correction grammaticale. Pourtant, cette tournure est très fréquente à l’oral et son interdiction n’est pas aussi absolue qu’on le croit. Pour choisir la bonne formulation, repérez ce qui suit l’expression : un nom, un groupe nominal ou une proposition avec un verbe. Vous saurez alors remplacer la tournure et expliquer votre réponse avec précision.
Les réponses en un coup d'œil
« Malgré que » : la réponse rapide pour ne plus douter
Réponse rapide : dans une copie ou un écrit soigné, évitez généralement « malgré que » suivi d’un verbe. Écrivez « bien que » ou « quoique » avec le subjonctif, et « malgré » devant un nom. L’exception traditionnelle est « malgré que j’en aie », au sens de « contre mon gré ».
Le repère le plus sûr est grammatical : « malgré » est habituellement une préposition, tandis que « bien que » introduit une proposition avec un verbe au subjonctif. Ainsi, on écrit « malgré la pluie », mais « bien qu’il pleuve ». À l’oral, « malgré que » est courant : ce n’est pas une faute honteuse, mais ce n’est pas le choix attendu dans une rédaction scolaire. Le Dictionnaire de l’Académie française admet l’expression particulière « malgré que j’en aie ». Projet Voltaire, Le Figaro et QuillBot conseillent toutefois d’éviter « malgré que » lorsqu’il remplace simplement « bien que ».
Avant une évaluation, relisez vos phrases de concession : observez le mot placé après « malgré » et choisissez la construction adaptée. Cette vérification simple améliore à la fois votre grammaire et la précision de votre expression. Gardez la fiche-mémo de fin d’article près de votre brouillon : elle vous aidera à décider vite, sans vous laisser bloquer par une règle présentée trop brutalement.
Pourquoi la formule fait-elle hésiter ?
« Malgré que » fait hésiter parce qu’il exprime bien une idée de concession : un fait se produit alors qu’un obstacle existe. Son sens est donc proche de « bien que ». Comme on l’entend souvent dans les conversations, il paraît naturel. À l’école, dans une lettre de motivation ou dans une réponse d’examen, on attend cependant une construction plus stable. Il ne s’agit pas de vous culpabiliser : vous devez surtout apprendre à reconnaître ce qui suit l’expression et à choisir l’outil grammatical approprié.
Comprendre la grammaire : « malgré », « bien que » et « quoique »
Pour choisir, regardez ce qui vient après le mot. « Malgré » se construit avec un nom, un groupe nominal ou un pronom. « Bien que » et « quoique » introduisent une proposition, donc un verbe au subjonctif. Le subjonctif ne s’ajoute pas au hasard : il marque ici la concession, c’est-à-dire l’obstacle qui n’empêche pas l’action principale.
| Construction | Suite attendue | Exemple correct | À corriger |
|---|---|---|---|
| malgré | Nom ou pronom | Malgré sa fatigue, elle travaille. | Malgré qu’elle soit fatiguée |
| bien que | Verbe au subjonctif | Bien qu’elle soit fatiguée, elle travaille. | Bien qu’elle est fatiguée |
| quoique | Verbe au subjonctif | Quoique ce soit difficile, je continue. | Quoique c’est difficile |
La Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française décrit un emploi de « malgré que » suivi du subjonctif. Cette variante explique pourquoi l’expression existe dans certains usages. Dans la norme scolaire française, restez prudent : « bien que » ou « quoique » sera le choix le plus clair et le moins contestable.
Le subjonctif après « bien que » : le bon réflexe
Après « bien que », vérifiez le verbe : « bien qu’il ait compris », « bien qu’elle soit prête », « bien que nous ayons essayé ». Ces formes sont au subjonctif. Une astuce utile consiste à remplacer mentalement « bien que » par « quoique » : si la phrase garde son sens de concession, le subjonctif est normalement requis. Écrivez donc « bien qu’il soit absent », et non « bien qu’il est absent ».

Comment remplacer « malgré que » en 4 étapes
Voici une méthode à appliquer sur votre brouillon, puis à verbaliser : expliquer votre choix vous permet de mieux le mémoriser. Cette démarche d’explicitation, fréquente dans les ressources de formation des INSPE, aide à passer de la règle récitée à la règle réellement utilisée.
- Repérez ce qui suit. Dans « malgré qu’il pleuve », le mot suivant introduit un verbe : la construction doit être modifiée.
- Choisissez « malgré » devant un nom. Transformez : « malgré la pluie ». Vous pouvez aussi écrire « malgré son retard » ou « malgré eux ».
- Choisissez « bien que » ou « quoique » devant une proposition. Transformez « malgré qu’il pleuve » en « bien qu’il pleuve ».
- Relisez le verbe et le sens. Après « bien que », vérifiez le subjonctif : « bien que je sois fatigué ». Demandez-vous enfin si vous exprimez bien un obstacle qui n’empêche pas l’action.
Piège à éviter : n’écrivez ni « malgré que je suis fatigué » ni « bien que je suis fatigué » dans une copie. La seconde phrase contient aussi une erreur de mode : il faut « bien que je sois fatigué ».
Exemple rédigé : corriger une phrase comme en contrôle
Phrase à corriger : « Malgré qu’il soit absent, Hugo a envoyé son travail. » Comme « il soit absent » contient un verbe, choisissez une conjonction de subordination : « Bien qu’il soit absent, Hugo a envoyé son travail. » Le subjonctif « soit » est correct. Vous pouvez aussi employer un groupe nominal : « Malgré son absence, Hugo a envoyé son travail. » Cette réécriture correspond au type de compétence travaillé dans des sujets de français du brevet publiés par le ministère de l’Éducation nationale : transformer une phrase et justifier son choix grammatical.
L’exception « malgré que j’en aie » : quand l’utiliser ?
Le Dictionnaire de l’Académie française reconnaît « malgré que j’en aie » comme une expression admise de langue soutenue. Elle signifie « malgré moi » ou « contre mon gré » : « Malgré que j’en aie, je dois accepter cette décision » ; « Il est parti, malgré qu’il en eût. » Dans cette tournure, « en » renvoie au mauvais gré, à la résistance intérieure de la personne.
Cette exception est limitée : elle ne permet pas d’écrire « malgré qu’il pleuve » ou « malgré qu’elle soit fatiguée » comme simple équivalent de « bien que ». Projet Voltaire et Le Figaro distinguent également l’expression figée de l’emploi courant à éviter. Dans un devoir, vous n’avez presque jamais besoin de cette formule : « contre mon gré » ou « bien que » sera souvent plus direct. La clarté doit passer avant l’effet de langue soutenue.
Vous entraîner : test de grammaire et fiche-mémo avant un devoir
Corrigez d’abord sans regarder la réponse. « Malgré qu’elle ait peur, Lina parle » devient « Bien qu’elle ait peur, Lina parle » : il y a un verbe. « Malgré le vent, le match continue » est déjà correct : « le vent » est un nom. Enfin, « Bien que nous sommes en retard, nous restons calmes » devient « Bien que nous soyons en retard, nous restons calmes » : le subjonctif est nécessaire.
Cachez ensuite les corrections, reformulez la règle avec vos mots et justifiez chaque réponse à voix haute. Cette récupération active est plus efficace qu’une relecture passive : les principes de récupération espacée et d’interrogation active sont diffusés dans les ressources de sciences cognitives appliquées à l’école et de l’INSERM.
À retenir : malgré + nom ; bien que / quoique + subjonctif ; « malgré que j’en aie » = exception figée signifiant « contre mon gré ».
La routine de 2 minutes pour mémoriser la règle
Sans regarder votre cours, dites : « Malgré est suivi d’un nom ; bien que et quoique sont suivis du subjonctif. » Transformez ensuite « Malgré sa peur, elle répond » en « Bien qu’elle ait peur, elle répond ». Vérifiez enfin « ait », qui est bien au subjonctif. Reprenez ce rappel le lendemain, puis une semaine plus tard : ces retours espacés consolident la mémorisation et vous rendent plus autonome face à une phrase nouvelle.
Pourquoi évite-t-on de dire « malgré que » ?
On l’évite surtout dans les copies, car la norme scolaire française préfère distinguer « malgré », suivi d’un nom, de « bien que », suivi d’un verbe au subjonctif. L’expression est fréquente à l’oral, mais « bien que » rend votre construction plus précise et plus sûre.
Est-ce que « malgré que » se dit ?
Oui, l’expression se rencontre dans l’usage courant et certaines descriptions linguistiques l’acceptent avec le subjonctif. Toutefois, dans un contexte scolaire, universitaire ou professionnel, choisissez plutôt « bien que » ou « quoique ». Vous éviterez ainsi une formulation souvent considérée comme familière ou contestée.
Comment remplacer « malgré que » ?
Regardez ce qui suit. Devant un nom, employez « malgré » : « malgré la pluie ». Devant un verbe, employez « bien que » avec le subjonctif : « bien qu’il pleuve ». Vous pouvez aussi choisir « quoique », qui appelle également le subjonctif.
Comment utiliser l’exception « malgré que j’en aie » ?
Employez-la seulement lorsqu’elle signifie « contre mon gré » ou « malgré moi ». Le Dictionnaire de l’Académie française reconnaît cette tournure traditionnelle. Elle ne sert pas à introduire n’importe quelle phrase avec un verbe : « malgré qu’il pleuve » reste à remplacer par « bien qu’il pleuve ».
Avant de rendre votre copie, vérifiez ce qui suit « malgré ». Devant un nom, conservez « malgré » ; devant un verbe, choisissez le plus souvent « bien que » suivi du subjonctif. Gardez aussi en mémoire l’exception « malgré que j’en aie », réservée au sens de « contre mon gré ». Relire cette fiche-mémo avant une évaluation aide à automatiser le bon réflexe.
Dernière actualisation : 26 juillet 2026